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Des nouvelles des ânes adoptés

Nous avions commencé cette chronique dans le n° 76 de décembre 2009. Nous la reprenons que ce trimestre-ci, ayant dû repousser cette suite devant l'abondance des matières, trimestre après trimestre, et comme dit dans l'édito, 16 pages chaque trois mois, c'est finalement bien peu devant la richesse des documents que nous recevons et dont nous voulons faire profiter tous nos adhérents, question d'équité et de partage.

Commençons par les deux dernières adoptions, concoctées par Anna TIMBERT, déléguée Région Centre, dans l'entreprise où elle travaille, avec la complicité de son Directeur. Dès le débarquement des deux ânes à Bourges, elle a adressé ce mail à notre Présidente :

« Bonjour Marinette,
Voici un petit reportage photos de l'arrivée de Serpolet et Titeuf ce matin à La Bovida. Ils se sont tout de suite acclimatés et ne font pas trop les timides.
Le service Comptabilité vous a posté aujourd'hui le chèque pour les panneaux « anti fourbure », ainsi que les 100 € restant dus sur la facture d'adoption. A la réception des chèques, il vous faudra simplement nous envoyer une facture pour ces 100 € de solde (la comptable vous aura de toute façon mis un petit mot).
Ici tout le monde est ravi de l'arrivée des ânes : beaucoup de curieux ont profité de leur heure de déjeuner pour aller les voir. Mais il y a un petit bois dans lequel ces coquins d'ânes se cachent par moments, donc ils ont fait des déçus... qui retenteront leur chance ce soir en sortant du bureau !
En ce qui concerne les contrats d'adoption et les cartes de propriétaires, je vous renverrai tout cela début septembre, car Olivier (mon patron que vous avez vu à Ambert) doit signer et il est en congés pour le moment.
Bonne fin de journée
Anna ».

 

Ci-joint une lettre d'Auguste et Opaline qui racontent leur nouvelle vie, avec 2 photos. Denis et Claire-Alix MORIN (21) Voilà plus d'un an que nous sommes de vrais bourguignons, après avoir été auvergnats nos premières (longues) années.

Nous pouvons dire que nous nous sommes vraiment bien faits à cette région qui nous rappelle par certains côtés notre ancienne région : froid, neige, hiver sans fin, nous connaissions déjà !

Nos premiers mois ici furent d'observation, de vérification de la solidité des règles et des clôtures, de découverte de l'environnement avec nos maîtres mais aussi sans eux. Notre acclimatation fut très rapide. Au bout de quelques semaines nous avions repéré le bruit du moteur de nos voitures et l'emplacement de la cuisine avec ses repères lumineux. Et tout le quartier sait maintenant à quelle heure nos maîtres rentrent, s'affairent dans la cuisine, jardinent. C'est surtout le soir, bien tard, quand ils reviennent d'une réunion que nous aimons les appeler pour un dernier câlin.

Le début de l'hiver fut doux, ce qui a permis à nos maîtres de nous construire une vraie écurie le long de leur grange, avec porte de nuit et porte de jour. Elle fut terminée la veille des premiers très grands froids de fin novembre. Nos poils nous protégeaient déjà d'une épaisse toison. Nous l'avons occupée presque jusqu'à mars, partageant notre paille avec 4 poules et un coq. Des sorties les jours de soleil nous ont fait apprécier la Bourgogne sous la neige. Maintenant, nous avons regagné nos prés, toujours à l'affût des mouvements de la maison, prêts à sauter dans nos licols pour une promenade ou un moment de travail avec nos maîtres. Ceux-ci, loin d'imaginer nos ressources, ont plusieurs fois regretté le bon vieux temps où ils couraient après leur tribu d'enfants, quand nous allons à gauche au lieu de la droite, ou partons au trot quand il nous faudrait marcher ou encore quand nous emmêlons nos longes en tournicotant. Des as de l'embrouille nous sommes.

Et de vrais malins qui devinons si nous pouvons faire céder le maître ou la maîtresse ! Mais nos maîtres aussi essayent de nous rouler. Ils ont lu, nous ne savons dans quel journal (mais ceux qui ont écrit cela sont des bourreaux d'ânes), qu'il fallait que nous fassions de l'exercice pour gagner notre pitance. Alors, maintenant, pour accéder à la bonne herbe verte qui nous fait baver d'envie, nous devons faire tout un circuit, un vrai dédale ! Le premier jour, nous avons eu bien du mal à comprendre, surtout Auguste qui est pourtant bien glouton. Mais en très peu de temps, nous avons repéré où va s'ouvrir le fil qui nous sépare de notre délice et nous devançons même nos maîtres. Bien fait pour eux ! Cela leur apprendra à imaginer de tels trajets ! Cet été nous serons prêts à promener tous les petits qui rempliront la maison. Nous sommes déjà bien exercés à tirer la calèche et obéissons aux ordres sans le mors (que nos maîtres ne savent pas utiliser !). Nous vous raconterons nos vacances à la rentrée. En attendant, nous vous faisons une petite léchouille. Et surtout, n'envoyez pas de mauvaises idées à nos maîtres !

 

Jules se porte à merveille, il a son caractère, il est très câlin mais aussi jaloux de son collègue Pépino, c'est à celui qui profitera le plus des câlins pourtant donnés sans compter.

Ils ont passé un hiver tranquille à l'abri de la neige dans leur cabane qu'ils ont à disposition dans leur pré. Jules apprécie vraisemblablement peu la pluie ou la neige car il est souvent pratiquement sec lorsque nous venons le voir et qu'il fait humide. C'est un vrai randonneur, à condition qu'il soit devant sinon il faudrait presque le tirer... il est volontaire mais aussi assez trouillard comme nous l'avons constaté dernièrement lors d'une promenade où les deux compères ont eu peur d'un cheval qui courait au galop derrière une haie opaque. Ces deux « nanos » sont partis en courant nous échappant, puis nous les avons rejoints quelques mètres plus loin où ils sont venus gentiment à nous. Nous avons eu très peur ce jour là mais cela nous a permis de voir qu'ils sont attachés à nous car ils sont venus spontanément vers nous et la « rentrée » au pré a été particulière ce jour là, ils ont bien compris qu'il s'était passé quelque chose d'anormal, ils semblaient tout penauds.

M. BERGER, le maréchal ferrant, que vous nous aviez conseillé suit nos deux ânes, il vient régulièrement, n'hésitez pas à lui demander des nouvelles de Jules, il le connaît très bien car Jules lui fait la comédie à chaque passage...

Marie-Christine CHAMBON (63)

 

Tout d'abord, désolé de ne pas avoir donné de nouvelles d'Apollon plus tôt. Mais pas de nouvelles... bonnes nouvelles. Apollon se porte à merveille. Ses sabots ont très bien repoussé et les trous formés par ses anciens abcès ont totalement disparu. Il est très affectueux et s'entend très bien avec toutes mes juments qui sont avec lui. Il est même devenu bien malin.

Cela tiendrait qu'à moi, je viendrais en rechercher un... on va attendre un peu !!

Carole NARDIN (25)

 

Quelques nouvelles de Toonies (et de son copain Pompom) avant notre départ (nous partons en Chine le 20 août).

Nous lui avons trouvé une nouvelle pension au pré (oui, oui, on a finalement réussi au bout de 4h à les faire monter dans le camion !!), avec des amoureux des animaux, qui les sortent en randonnée, les câlinent et prennent soin d'eux comme si c'étaient les leurs... Ils ont même mis un enfant de 4 ans sur le dos de Toonies pendant toute une balade !!! Incroyable... Et depuis trois jours, j'arrive même à monter Toonies... c'est un peu épique et périlleux, certes, mais les fonts sont là !

C'est certes très difficile de les quitter pendant deux ans... mais je suis rassurée de savoir qu'ils sont avec ces personnes qui ont déjà des chevaux (ce sont trois copains d'une cinquantaine d'années), ils m'enverront même des photos !!! En quatre semaines, Toonies a déjà beaucoup changé... Il est très beau, a un poil brillant et un oil canaille...

On leur a construit une grande cabane « chez Toonies et Pompom », elle n'était pas encore finie que Toonies ne décollait plus de la cabane... malgré les coups de marteaux et les bruits tonitruants de la tronçonneuse !! Une révolution, lui qui a peur du moindre battement d'aile de mouches !!!

Malgré tout, qu'est-ce que c'est dur de les laisser !! J'ai peur qu'ils m'oublient, qu'ils ne me reconnaissent pas, qu'ils ne m'aiment plus... mais au moins, je sais qu'ils sont bien... Mieux qu'à Shanghai, c'est sûr !!!! Et qu'en rentrant, grâce à cette expérience, on pourra acheter une maison et les avoir (enfin) avec nous...

Céline GOMEZ (63)

 

Bonjour à tous les amis d'A.D.A.D.A.,
Moi c'est Rasta et mon copain c'est Samuel. Nous avons pris pension à l'Hérodie à Auzelles. Nous ne sommes pas bien loin du refuge de notre association préférée. Mais nous n'avons pas envie d'y retourner car notre « lieu d'accueil » est épatant, un grand pré d'un hectare avec des arbres, frênes, sapins, bouleaux et même des bambous (ça c'est bon !). Un ruisseau, le Miodé borde le terrain. Il y a aussi deux beaux abris rien que pour nous, enfin presque, nous les partageons avec trois petits moutons d'Ouessant (ils sont marrants). L'herbe est bien grasse et l'hiver le foin ne manque pas. Un jour nous irons faire une balade au parc des Ânes bleus, car nous promenons nos deux bipèdes qui nous gâtent. A bientôt.

Monique et Gilles LALANDE (63)

 

Ces témoignages ont été pris au hasard parmi une bonne centaine, tant ils sont tous intéressants, instructifs et devraient donner envie d'adopter un âne plutôt que de l'acheter à n'importe quel maquignon ou éleveur. Chaque fois que ce sera possible, nous en publierons d'autres.

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