Vous êtes nombreux à poser des questions sur les problèmes cutanés de vos anes, en particulier sur des excroissances
ou tumeurs, qui, plus ou moins visibles, vont d'un léger renflement de la peau ou tache particulière, à des tumeurs organisées importantes en grosseur et en nombre, en passant par la petite formation verruqueuse pédiculée.
La plupart du temps ces anomalies sont à classer parmi les sarcoïdes : c'est pour cela que je leur consacre cet article, en ayant fait un «digest» de ce que j'ai pu rassembler au cours de mes rencontres avec des vétérinaires spécialisés.
J'en profite pour remercier le Dr Michael CRANE du Donkey Sanctuary et le Professeur TAMZALI de l'Ecole Vétérinaire de Toulouse, qui m'ont reçu et confié des documents écrits par eux-mêmes ou leurs collègues : le Professeur DELVERDIER, de Toulouse, et des spécialistes de l'Université de Glasgow.
Le sujet est difficile, car il fait appel à une spécialisation, donc il n'est pas facile à vulgariser. De plus, les données scientifiques concernant la genèse de ces tumeurs sont complexes, l'évolution de l'affection est imprévisible, et les formes cliniques, sont nombreuses.
Cependant des progrès importants dans les méthodes de diagnostic des différentes formes et les thérapies sont certains.
I - QUELQUES DONNEES SUR LES SARCOÏDES
Il faut parler des sarcoïdes des équins, car cheval et âne sont identiquement prédisposés et développent les mêmes symptômes. Cependant, chez les ânes au poil rude, il est plus difficile de détecter les formes occultes ou les départs des lésions.
Le Sarcoïde fut décrit en 1986 par Jackson, en Afrique du Sud et, d'après des sources historiques, cette maladie est connue depuis plusieurs siècles.
Le Sarcoïde décrit est un fibropapillome avec propablement l'intervention d'un «papillomavirus bovis" de type 1 et 2.
II - QUELQUES ELEMENTS DE DEMARCHE DIAGNOSTIQUE
A la découverte d'une tuméfaction, sachez tout d'abord qu'une tumeur solide ne devient le plus souvent détectable que lorsqu'elle a achevé une portion majeure de son histoire naturelle, et que les tumeurs à haut potentiel de malignité sont plutôt rares.
Les étapes de la démarche sont :
- Reconnaître le processus tumoral
- Etablir son bilan d'extension
- Préciser sa nature histologique
A - L'examen clinique
Il est très important car il donne déjà une orientation quant au type de sarcoïde en présence et il permet également d'approcher le diagnostic différentiel avec d'autres tumeurs comme les carcinomes, les lymphomes ou mélanosarcomes, qui sont malignes.
Parmi les caractéristiques cliniques sont importants à considérer :
- la localisation anatomique
- la forme, la couleur, la consistance
- le volume et le mode de croissances apparent
- la différenciation avec les lésions non tumorales (dermatites ou lésions traumatiques ... )
- l'examen des ganglions (oedème, douleur, chaleur)
- signes généraux éventuels (perte de poids, diarrhées ... ) qui n'apparaissent en conséquence directe que dans les cas de tumeurs malignes et non dans le cas de sarcoïdes qui sont des tumeurs de type bénin.
B - Les autres examens
Ce sont les examens cytologiques, biopsies, etc... qui obeissent à des protocoles précis pour être crédibles et sans danger. Ils ne peuvent être confiés qu'à des spécialistes.