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Vous trouverez sur cette page des conseils pour vous occuper de votre âne.
De l'alimentation aux soins en passant par l'attelage et le bât, chaque article est écrit par des spécialistes et vous aide à mieux vivre avec votre compagnon favori !

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions concernant un sujet particulier, nous tenterons de répondre aux interrogations les plus fréquentes.

Dans ce long article, Yves Duclos, maréchal ferrant, vous livre ces conseils éclairés pour soigner et entretenir les pieds de vos ânes.
Cette première partie expose les différences et les spécificités des sabots.

AU PIED DE L'ANE - 1ère partie
Le pied de l'âne - singularités et différences

1 - AVANT PROPOS

Dans la gent équine, l'âne fait figure de laissé pour compte et il est très difficile de trouver des ouvrages en maréchalerie de l'âne en particulier. La reconnaissance officielle par les Haras de 6 races françaises et les importations en provenance du monde entier crée une diversité dans la population asine.

2 - DESCRIPTION

Les rares publications concernant les pieds de l'âne, sont en fait des extrapolations des connaissances sur le pied du cheval. Au cours de nombreuses fêtes de l'âne, j'ai pu rencontrer des modèles très différents.
Parmi toute cette population, je retiendrai les 2 modèles extrêmes qui sont très différents par leurs pieds et leurs aplombs.

A - Les ânes d'Afrique sont en général petits, secs, avec des membres fins que l'on pourrait qualifier de grêles. Les aplombs sont dressés avec une angularité dépassant souvent les 60'. Les sabots sont petits, ronds, étroits, et encastelés. La fourchette est en retrait, fine, et non fonctionnelle.

Ce modèle d'âne est surtout utilisé avec un bât ou des paniers ; il porte des charges ou des personnes. Et ses allures habituelles sont le pas et le trot.

Ces petits ânes sont situés dans des zones sèches ou le sol est brûlant,dur et agressif ; la végétation aride est constituée d'herbes dures, voir de cactés et les buissons sont souvent des épineux.

Ces petits ânes ont développé une adaptation au milieu et les pieds sont encastelés pour protéger la sensibilité de la sole et de la fourchette. La muraille est épaisse et surtout très hydratée, donc tendre. C'est comme si la faiblesse de l'amortissement du pied constitué pas des aplombs dressés avec cette encastelure était compensée par une muraille relativement tendre absorbant les chocs pour préserver les articulations.

B - L'âne européen : grand noir du Berry ou les ânes italiens sont plus grands, plus forts avec des membres puissants ; le pied a une angularité proche de 50', l'alignement phalangien semble brisé et la fourchette située en arrière est en contact avec le sol. Le pied est dit rampin.

Dans sa face plantaire, l'âne italien a la paroi en forme de lyre et le pied a un fort développement en avant (pince, mamelle) par rapport à la position de la fourchette.

Ce type d'âne dans nos contrées tempérées évolue sur des sols souples, des herbages denses et humides ; par sa constitution et ses aplombs il semble bien adapté à la traction.

Ces ânes forts et puissants sont appréciés en croisement pour produire des mules.

Le point commun des ânes, c'est qu'ils ont des pieds cylindriques avec une absence d'ouverture des talons contrairement au cheval qui a un pied qui s'évase vers le sol et dont les talons bougent a chaque foulée.

Cette différence s'apprécie au ferrage lorsqu'en bout de ferrure, le cheval se retrouve avec une angularité très faible qui provoque une hypertension du perforant du fait d'une part d'une pousse excessive de la pince qui tire le fer vers l'avant et l'accroissement de la surface au sol rend le fer trop petit et les éponges du fer ne portant plus sur les talons fait descendre les talons au sol.

Chez l'âne et la mule, la pousse cylindrique fait que le fer épouse la circonférence du pied pendant toute sa croissance et l'absence de mouvement des talons ne cisaille pas les clous et la mule se retrouve en fin de ferrure sur des échasses. La limite se trouve dans l'équilibre pénible, car la troisième phalange se trouve trop haut du sol et les ligaments suspenseurs du boulet trop sollicités, rendent la station debout difficile.

Le deuxième point important est une corne très hydratée et épaisse qui rend le brochage délicat car les clous de maréchalerie avec le grain d'orge sont sensés sortir en abordant la corne périphérique plus dense chez le cheval. Chez l'âne et la mule, le clou ne sort pas du fait de l'absence de corne dense... Je suis souvent obligé de donner une courbure à la pointe du clou pour assurer un brochage convenable.

Autre particularité par rapport au cheval, c'est le fait de se lever : le cheval est couché sur le côté et après avoir posé ses antérieurs au sol il racle le sol de ses postérieurs toujours du même côté pour élever l'arrière main avec son encolure qui lui sert de balancier.

L'âne s'agenouille pour se coucher et se lever et lorsque le sol est dur cela provoque des genoux pelés et des hygromas.

L'âne est adapté à une démarche frappée, il n'y a pas de glissement au sol comme pour le cheval. Le pas et le trot sont ses allures préférées. L'âne et la mule sont appréciés en montagne pour leur pied sûr. Le galop est disgracieux et rarement prolongé ; peut-être que son dos n'a pas la souplesse de celle du cheval ?

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