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Vous trouverez sur cette page des conseils pour vous occuper de votre âne.
De l'alimentation aux soins en passant par l'attelage et le bât, chaque article est écrit par des spécialistes et vous aide à mieux vivre avec votre compagnon favori !

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions concernant un sujet particulier, nous tenterons de répondre aux interrogations les plus fréquentes.

Après les insectes et les acariens (voir article ci-contre), Jacques ROSET, vétérinaire, attire notre attention sur les parasites internes, le danger qu'ils représentent pour les ânes et les solutions pour les éliminer.

LES PARASITES INTERNES DE L'ANE

Régulièrement je vous rappelle dans cette revue la nécessité de vermifuger d'une manière systématique vos ânes.

Produits vétérinaires Adrien Sassin. Extrait du catalogue de 1954

- Pourquoi ?
- Qui sont ces parasites ?
- Comment et quand intervenir ?

C'est le but de cet article, mi scientifique, mi-pratique.
Bioagresseur, étranger, profiteur, le parasite interne est une nuisance permanente dont l'éradication est quasiment impossible.
Il fait partie de la vie de nos ânes. Nous nous devons de les éliminer, de limiter leurs nuisances, surtout en périodes sensibles que sont : gestation, fatigue...
Les troubles provoqués sont nombreux suivant la variété du parasite, les conditions d'élevage et la résistance de l'animal. Des relations hôte/parasite s'installent toujours d'une manière solide et durable. Une très grande adaptabilité parasitaire existe, avec pour bilan le fait que pour l'hôte il est souvent plus facile de tolérer plutôt que de combattre.

I - PARTICULARITÉ DU PARASITISME CHEZ L'ANE

L'âne, par rapport au cheval a une grande résistance individuelle avec une discrétion des manifestations cliniques. C'est dans la nature même de notre ami de ne pas extérioriser les maladies. Mais, attention, cette attitude a fait dire que lorsque les symptômes apparaissent, il est trop tard, ou autrement dit : âne malade = âne mort.
- L'âne de compagnie est souvent isolé ou vit en petits groupes familiaux, maintenu sur les mêmes pâturages. Ce mode de vie est à prendre en considération pour notre attitude.
- L'âne peut être atteint par une grande variété de parasites, certains difficiles à détruire, et de plus, nous possédons un nombre limité de traitements.

II - LES PRINCIPAUX PARASITES INTERNES DE L'ANE

  A - Parasites du tube digestif

Ils sont de loin les plus fréquents. Ils se manifestent par des troubles digestifs (ramollissement des selles, diarrhée, entérites), anémie, amaigrissement avec une répercussion sur le pelage (poil piqué) et sur le plan général diminution des défenses immunitaires.

    1 - Les gastrophiles ou oestus
Les larves sont localisées dans l'estomac, pouvant entraîner des dégradations de la muqueuse. Eliminées au printemps suivant, les pupes excrétées donnent naissance à des mouches qui pondent en été sur les poils avec éclosions des œufs. Par léchage, l'animal infecte son estomac.

    2- Les ascarides
Parasites des jeunes et des vieux, ces vers très longs et pointus se développent après contamination par les œufs et de longues migrations dans l'organisme, au niveau de l'intestin grêle.
Ils sont surtout connus pour les conséquences pathologiques chez les jeunes avant le sevrage, pouvant par phénomène mécanique entraîner des occlusions ou des déchirures intestinales dans les cas extrêmes. Dans la plupart des cas, c'est un amaigrissement qui est constaté avec une augmentation du volume de l'abdomen.

    3 - Les strongles
Les adultes vivent et se développent dans le caecum et le colon. Ce sont de véritables «brouteurs de muqueuse». Ils produisent des œufs qui, rejetés avec les crottins, contaminent le sol, deviennent des larves, et c'est à ce stade qu'elles sont ingérées. Ces larves vont migrer dans l'organisme - migrations complexes pour les strongles (foie, artères intestinales...) ou limitées pour les petits strongles (paroi intestinale, de sang et période très critique à la sortie de la muqueuse).
Les strongles provoquent, en cas d'infestation importante, des troubles digestifs graves, de l'amaigrissement avec risque de mortalité.

    4 - Les oxyures
Parasites plus anodins, ils se caractérisent par la ponte des femelles aux marges de l'anus entraînant des démangeaisons et une grande dissémination des œufs. Les larves se développent, dans le gros intestin, pouvant entraîner quelques coliques.

    5 - Les cestodes. ténias ou ano-placéphales
Plus rares, ils vivent dans l'intestin grêle pour les plus grands et le gros intestin pour les plus petits. Les anneaux éliminés avec les crottins évoluent en larves chez un acarien servant d'hôte intermédiaire ensuite absorbé avec l'herbe.
L'importance pathologique (amaigrissement) dépend du nombre de vers.

  B - Les parasites de l'appareil respiratoire

Ce sont les DICTYOCAULES : Dictyocaulus amfieldi. Les adultes vivent dans les grosses bronches. Les larves à la suite de remontées sont éliminées par les crottins. La contamination se fait par l'ingestion d'herbe, les migrations chez l'animal se font de l'intestin vers les poumons.
Ils sont des parasites très répandus chez les ânes. On considère que 50 % d'entre-eux sont atteints, mais ils le tolèrent bien, au contraire du cheval. Néanmoins on peut observer des toux, et dans certains cas des pneumopathies.

  C - Autres parasites

Je ne citerais que certains pouvant être rencontrés :
La Douve, les filaires de la peau, les habronèmes (voir habronemoses et plaies d'été); les onchocerques des tendons ou les piroplasmes.
Leur praphylaxie ou traitement ne peuvent être que spécifiques. Le diagnostic n'est pas forcément évident. L'existence des maladies est souvent liée à la région. Votre vétérinaire le sait.

III - LES PERIODES DE RISQUE - DEPISTAGE

Les deux grandes périodes de DANGER sont l'hiver et le printemps. En effet, les troubles provoqués, notamment avec les strongles, sont dûs à l'action des larves par éclosion massive à l'automne pour un développement en hiver et l'existence de larves résiduelles au printemps. De plus, en cas de mauvais foin, les animaux sont plus à même de "subir" plutôt que de "combattre".
L'observation des animaux et de l'élevage est un élément fondamental. Elle permet de juger rapidement de l'état général de l'animal, de la consistance des crottins. L'observation de l'environnement (nombre d'animaux pour la surface, l'état des prairies) est aussi un élément à prendre en considération. Enfin, vous pouvez vous appuyer sur l'examen copro-scopique et les coprocultures, qui, faits de temps en temps, vous permettent de connaître exactement la qualité et la quantité du parasitisme.

IV - PREVENTION ET TRAITEMENTS

  A - La prévention

    1 - Hygiène de l'environnement
Cela consiste à traiter les prairies trop humides, marécageuses par drainage ou chaulage, et les éviter en certaines périodes. Ne pas oublier que tiédeur et humidité sont des facteurs favorisant le développement parasitaire.
Les logements doivent être régulièrement nettoyés, avec un sol sec.

    2 - Alimentation équilibrée
Elle permet à votre ami d'organiser sa propre lutte vis-à-vis du parasite qui lui veut du mal. Nous avons déjà parlé de l'alimentation de l'âne, nous y reviendrons.

  B - Les traitements

Ils font appel à différents produits que l'on peut classer en trois catégories :

    1 - Produits à activité ponctuelle
Ce sont le PANACUR PATE, RINTAL PATE, EQUIMINTHE PATE, STRONGIO Chevaux PATE ORALE, et TELMIN pour chevaux.

    2 - Produits à activité prolongée
EQUALAN PATE et FLUREXEL (tous les deux sont actifs sur les gastrophiles).

    3 - Produits à activité très prolongée
L'EQUEST GEL ORAL est ovici-de pendant 90 jours et atteint les gastropiles.

  C - Quand traiter ? - Précautions

II faut traiter tout l'effectif aux périodes de risque saisonnier : printemps, fin d'automne. Ceci est le minimum. En cas de troubles avérés, notamment en hiver ou lors de conditions climatiques (humidité et douceur prolongées), ne pas hésiter à renouveler le traitement. De préférence, intervenir sur un animal à jeun et en pâte orale. Ne pas oublier les femelles en début et en fin de gestation en faisant attention aux contre indication de certains produits.
Avec les vermifuges ovicides et larvicides le changement de pré après traitement est moins impératif, ainsi que le ramassage systématique des crottins.

CE QUI COMPTE :
HYGIENE
BONNE ALIMENTATION
RÉGULARITÉ DES TRAITEMENTS

Cet article fait suite à la communication de mon ami le Professeur DORCHIES (Toulouse) à MASSEUBE (Gers) pour «Les dits de l'Ane».

Asinement vôtre
Jacques ROSET
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