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Vous trouverez sur cette page des conseils pour vous occuper de votre âne.
De l'alimentation aux soins en passant par l'attelage et le bât, chaque article est écrit par des spécialistes et vous aide à mieux vivre avec votre compagnon favori !

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions concernant un sujet particulier, nous tenterons de répondre aux interrogations les plus fréquentes.

PARASITES INTERNES : ENCORE ET TOUJOURS

Suite à un courrier reçu d'une adhérente, je reviens vers vous pour écrire sur le parasitisme interne : strongles intestinaux, dictyocaules, ascaris, etc.

Comme je l'ai déjà décrit, il s'agit essentiellement de bien comprendre que le parasitisme est une affaire avant tout d'équilibre en l'âne et le parasite.
Donc, il ne faut pas avoir pour objectif, sauf exception : ZERO PARASITE. Aussi, c'est dans l'appréciation de cet équilibre que l'on doit appréhender chaque protocole de vermifugation.

Je n'ai pas trouvé de document précis pour vous donner des chiffres de tolérance et chaque analyse coprologique doit être appréciée par votre vétérinaire. L'interprétation des résultats est fonction de la nature des parasites, de son stade d'évolution (adultes, oufs, larves). En ce qui concerne la nature du parasite, citons par exemple le cas des dictyocaules pour lesquels l'âne est plus résistant que le cheval. Citons également le cas de la douve, fréquente chez les bovins et les ovins, et pour laquelle la tolérance est zéro chez les ânes. La tolérance varie également en fonction de l'âge des ânes : par exemple, on peut être plus tolérant en présence d'ascaris pour les adultes et beaucoup moins pour les jeunes.

En ce qui concerne l'appréciation chiffrée de la quantité d'oufs présents dans une coprologie, on peut estimer que la présence de 180 oufs de Trichostrongylus axei ne nécessite pas vraiment d'envisager un traitement spécifique. Par contre, la présence de plus de 500 oufs est une indication pour instaurer une thérapie.

Enfin, il reste le propre équilibre particulier de chaque sujet et également la prise en compte de l'état général de chaque âne pour mettre en place ou non un traitement. Les traitements sont donc à adapter en fonction de l'appréciation des risques. Comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois, si les traitements chimiques restent nécessaires en cas d'infestation importante mettant en danger la santé de votre âne, on peut revenir sur les habitudes de facilité qui consistent à traiter systématiquement et conduisent ainsi à créer des résistances des parasites, comme hélas, cela s'est produit avec les antibiotiques à l'égard des microbes.

Dans sa lettre du 29/12/09, Mme Danielle Reumaux, adhérente de l'A.D.A.D.A., m'a fait parvenir - et je l'en remercie vivement - une fiche technique concernant des traitements antiparasitaires faisant appel à l'utilisation de plantes, citant en particulier l'utilisation d'un mélange d'absinthe, d'ail et de bourdaine. L'expérience décrite par Mme Reumaux m'a paru intéressante car elle s'appuie sur des analyses coprologiques avant et après traitement. Ces analyses ont montré la diminution par trois du nombre des strongles intestinaux présents.

Il est exact que l'on peut trouver de nombreuses utilisations de plantes pour les traitements antiparasitaires sous forme de poudre ou d'huile essentielle. Mme Reumaux a trouvé ces indications sur le site suivant : gardiabacqueraphael.e-monsite.com

Mon avis est que ce sont des pistes intéressantes pour instaurer des traitements prophylactiques ou lorsque l'on est en limite de tolérance dans l'équilibre âne-parasite. Cependant, produit naturel ne signifie pas produit à innocuité parfaite. Il faut toujours être prudent et respecter les préconisations, comme pas exemple pour les huiles essentielles, qui peuvent être irritantes et qui ne doivent pas être utilisées à l'état pur.

Enfin, je rappelle que la prophylaxie sanitaire (rotation des pâturages, ramassage des crottins, drainage des terrains, etc.) reste essentielle.

Si l'appel à la coprologie est la méthode la plus fiable pour apprécier l'état parasitaire de nos ânes, l'examen visuel reste important : état général de l'animal, aspect du pelage et des crottins. Des crottins secs, séparés, sont le signe qu'il n'y a pas de présence importante de parasites intestinaux. En revanche, des crottins agglutinés et ramollis sont des signes de présence parasitaire trop importante.

Je consacrerai mon prochain article aux avortements.

Asinement vôtre, Jacques ROSET

Conseil-1

Par curiosité, l'Ane BLEU a été voir ce que disait, en 1908, au sujet des parasites internes, Emile THIERRY, dans son ouvrage 'L'Âne et les Mulets », à la librairie agricole de la maison rustique[1]. Depuis, très peu de chercheurs vétérinaires se sont penchés sur l'anatomie, la physiologie, la production, l'hygiène et les maladies chez l'âne et le mulet.

Il décrit ainsi les parasites internes :

  • VERS. Indépendamment des larves d'oestres, l'âne et le mulet peuvent héberger un certain nombre de parasites, connus sous les noms de vers ou helminthes. Nous indiquerons les principaux.

    • Vers de l'estomac. - On rencontre, dans l'estomac, deux strongles et deux spiroptères, qui ne paraissent pas faire souffrir l'animal, mais qui pourraient gêner les cours des matières alimentaires, si les tumeurs qu'ils forment se trouvaient accumulées au voisinage du pylore (Railliet).

    • Vers de l'intestin. - On a trouvé trois espèces de ténias dans l'intestin des solipèdes : le ténia perfolié, le ténia mamillan et ténia plissé. Ces ténias ne se rencontrent que très rarement en France et on ne les découvre ordinairement qu'après la mort, faute de signes indicateurs pendant la vie.

    En revanche, on rencontre fréquemment l'ascaride mégalocéphale qui ne parait pas altérer gravement la santé, si ce n'est, parfois, chez les jeunes sujets. Ceux-ci ont alors des coliques, rarement violentes, mais de la diarrhée persistante avec laquelle les vers peuvent être expulsés. Souvent on n'a d'autre symptôme de l'existence des vers intestinaux que l'habitude que prennent les animaux de se gratter le bout du nez ou la queue contre les corps environnants.

    L'ascaride est facile à reconnaître ; le corps est long, 15 à 37 centimètres ; celui de la femelle est le plus long. Il est blanc jaunâtre, comme transparent, ferme au toucher. En trop grand nombre, ces vers forment des pelotes et causent la mort par obstruction intestinale.

    Il ne faut pas négliger de faire disparaître ces vers. L'acide arsénieux, à la dose de 1 à 3 grammes par jour selon la taille et le poids des individus, est indiqué et réussit quelquefois, mais il ne faut pas en continuer l'usage trop longtemps. Les baies de genièvre, la crème de tartre soluble, l'huile empyreumatique, l'aloès, l'essence de térébenthine rendent également service. Mais ces médicaments, difficiles à manier, ne peuvent être prescrits que par un vétérinaire.

    Plusieurs espèces d'oxyures envahissent aussi l'intestin des solipèdes : oxyure courbé, oxyure à longue queue, oxyure vivipare.

    Le premier est très petit, et le mâle plus petit encore que la femelle ; ils mesurent de 1 à 5 centimètres.

    Le second a une longueur de 13 à 15 centimètres, y compris la queue qui est quatre fois aussi longue que le corps.

    On rencontre aussi le sclérostome armé qui mesure de 1 à 5 ou 6 centimètres.

    Tous ces vers s'implantent dans la muqueuse intestinale où ils font développer de petites tumeurs, pouvant donner lieu à des états morbides dont la nature reste souvent indéterminée, mais se traduisant par une anémie profonde.

    Il se rencontre aussi d'autres petits vers de la même classe qui, étant réunis, provoquent l'apparition des symptômes obscurs.

    On a trouvé, dans l'intestin d'un cheval, par exemple, près de 500 échantillons de ces différents petits vers. Les agents conseillés contre les ascarides agissent aussi contre ces vers.

Le manuel d'Art Vétérinaire pratique à 'usage de tous les propriétaires d'animaux, d'A. RALLIMONT (Vermot, éditeur) ouvrage plus récent (1920 - 1930) est encore plus sommaire :

  • VERS - CARACTERES. La présence des vers dans l'estomac et dans l'intestin se révèle par une grande maigreur malgré l'excellent appétit du malade. Poil terne, démangeaisons au nez et à l'anus, haleine fétide. Coliques.
  • TRAITEMENT. On donne aux chevaux et aux bêtes bovines un mélange de baies de genièvre (200 grammes) et de tartre soluble (15 grammes) avec du son, matin et soir. Chez les autres animaux, une décoction de fougères mâles ou de mousse de Corse, pendant une semaine, détermine la mort des vers qu'un purgatif expulse.

[1] L'Ane BLEU de décembre 2000 avait consacré un article à cet ouvrage, dont des extraits, et surtout des illustrations, en particulier Squelette de l'âne, ont été repris ces 25 dernières années par bien des auteurs, sans jamais le citer.

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