A - QUI SONT-ILS ?
Au printemps débute la saison des ectoparasites. L'été, notamment par temps orageux, avec les mouches, les taons, les moustiques,
etc...
apporte son cortège de problèmes liés à leur présence, sur nos amis. Certes, la mouche d'automne et les acariens me
permettent de dire que c'est toute l'année qu'il faut être vigilant, mais le numéro de juin de "L'ANE BLEU" m'a paru
particulièrement propice pour traiter des parasitoses externes, de leurs conséquences et de leurs traitements.
I - Les Mouches et les Taons
Qu'elles soient suceuses, piqueuses ou gastrophiles, les mouches constituent, outre le désagrément qu'elles provoquent à la
quiétude des ânes, un véritable danger de transmission de maladies.
a) Mouches suceuses ou lécheuses.
 Pourvues d'une trompe molle, elles se nourissent de sécrétions des muqueuses et de transpiration. Vous les
trouvez autour des yeux ou partout où la peau est fine : anus, organes génitaux, mamelles... avec, en particulier l'hippo-bosque
ou mouche-araignée, solidement fixée par ses griffes (très plate, elle se déplace en crabe) ou bien sur les plaie banales,
pouvant entraîner les fameuse: «plaies d'été» ou habronemoses.
b) Mouches piqueuses
Elles disposent d'une trompe dure capable de percer le cuir et se nourrissent du sang des animaux
(chez les taons, seules les femelles sont hémato-phages).
Elles sont capables de transmettre des maladies. Je ne décrirai pas ici
les maladies bactériennes que peuvent transmettre les stomoxes, car en France c'est rare. En revanche, la piqûre peut déclancher
des réactions imprévisibles, même chez les sujets les plus doux. C'est pour cela qu'un conseil de prudence est toujours à donner,
notamment aux enfants... gare aux coups de sabot ! Au delà de ce risque, la piqûre, comme celle du taon aveuglant, plus trapu
que le taon des pluies, qui pique autour des yeux, est douloureuse, avec souvent une goutte de sang qui perle : elle peut
entraîner des lésions par frottement.
c) Mouches Gastrophiles
Ce sont les mouches qui viennent pondre dans les poils et dont les larves peuvent être ingérées par léchage.
On retrouve dans les excréments larves et pupes.
CYCLE DES MOUCHES :
Un cycle infernal
Durée du cycle : 20 jours à 20°, 10 jours à 28°
II - Les Moustiques
Nous n'allons pas nous attarder sur eux, les propriétaires des zones marécageuses les connaissent. Ils ne font pas qu'être
«agaçants» ils peuvent, comme les mouches, être des vecteurs de virus et provoquer des lésions allergiques, particulièrement
au niveau des oreilles.
Pour leurs actions sur les pattes, je laisse à Marinette le soin de vous raconter la prophylaxie
dite de «L'ANE CULOTTE». * Note de la rédaction : Notre Présidente a une petite ânesse qu'elle habille comme dans l'Ile de Ré.
III - Les Poux
Essentiellement auteurs de démangeaisons et de chutes de poils, vous les trouvez surtout dans la crinière, la queue ou les
pattes. On peut les voir gambader sur une poignée de poils arrachés, en regardant à contre-jour.
IV - Les Acariens = Les gales
Trois types de gales :
- La gale sarcoptique : gale du corps
- La gale psoroptique : gale des crins
- La gale chorioptique : gale des pâturons
Peu importe... «Ça démange et on se gratte ou on se frotte», et on le passe au copain directement, sans aucune difficulté.
Outre cette symptomatologie, de petites boursouflures avec des poils agglomérés apparaissent.
Mal soignées, les gales peuvent être l'occasion d'entrées bactériennes. Des lésions croûteuses apparaissent, rendant les
traitements inefficaces si, au préalable, on ne ramollit pas les croûtes par savonnage pour les éliminer avant tout traitement.
B - PROPHYLAXIE ET TRAITEMENTS
I - Prophylaxie Sanitaire et Médicamenteuse
La prévention sanitaire s'adresse aux locaux , aux réserves de larves, à l'entretien des animaux eux mêmes.
a) Locaux
Afin d'éloigner les insectes on a intérêt à avoir des locaux bien aérés. Des expérimentations précises
faites sur les bovins et particulièrement les vaches laitières dans les salles de traite, ont prouvées que la pose de ventilateurs
amenait une diminution très importante du nombre des mouches. Sans en arriver là pour nos ânes pensez à éviter le confinement.
Des insecticides peuvent être utilisés en prévention sur les parois des écuries avec deux grandes familles de produits :
Les Pyrethrinoïdes et les Organo Phosphores.
Je ne ferai que citer quelques noms comme le Stomoxine mural, le Saniterpin insecticide DK, le Stomophos. Ce sont des produits
d'usage agricole homologué, à utiliser hors de la présence des animaux, après avoir bien nettoyé le local, en évitant
la nourriture et les abreuvoirs. - Pensez aussi à vos moyens de transport.
b) Les réserves de larves (Fumières, Lisiers)
Ce sont essentiellement, les fumières ou les endroits où vos ânes vont régulièrement déposer leurs crottins.
Ce sont les abords et l'extérieur qu'il faut traiter, car les conditions de chaleur à l'intérieur du tas de fumier font que les
larves ne peuvent se développer. Utilisez des produits agricoles phyto-sanitaires larvicides comme le Neporex ou le Baycidal WP25.
Pour ces traitements, même si les ânes n'iront pas manger à proximité des zones traitées, soyez vigilants et évitez qu'ils puissent
y avoir accès pendant un certain temps.
Lisez toujours attentivement les notices d'emploi.
c) Les Animaux
La première des prophylaxies est avant tout l'entretien du pelage. Brossage, Etrillage, Tonte pour offrir
aux insectes le moins de prise possible et surtout une meilleure surveillance en cas de problèmes.
Ceci est vrai pour les poux, les gales, les pontes des mouches gastrophiles, les myases cutanées.
La prévention va consister à utiliser des produits répulsifs ou des insecticides rémanents.
- Les produits répulsifs souvent à base de goudrons en huile de cade peuvent remplir leur rôle, mais sont
souvent décevants, d'une part par leur odeur nauséabonde, mais aussi par le fait que la peau de l'animal, toujours relativement
grasse, empêche un bon maintien du produit. Néanmoins, sur les zones particulièrement sensibles l'émouchi-ne du Laboratoire
Audevard peut être intéressant à utiliser.
- Les insecticides. En prévention ils ne sont intéressants que s'ils sont doués d'un pouvoir rémanent
relativement important. Hélas les laboratoires n'ont pas fait l'effort de recherches, de dépôts de dossiers d'autorisation de mise
sur le marché pour les équins.
- Si je cite le Stomaxine Animal : rémanence 48 heures
- le Veticide spécifique aux chevaux de course ou de sport, ou du chien, a une rémanence de 8 à 15 jours.
Certains produits n'ayant pas d'A.M.M. pour les équins ont été utilisés par des propriétaires,
tel que l'ARKOFLY en pulvérisation ou l'ECTOTRINE utilisé en «pour on» qu'ils sachent que cela est illégal, je ne peux pas dire
autrement, et si vous étiez tentés, soyez très prudents.
Souvent le produit actif est efficace, mais l'excipient peut ne pas être adapté et provoquer
des réactions cutanées, notamment avec les produits «pour on».
D'une manière générale, et surtout dans ce cas particulier, testez sur une partie de
l'animal l'antiparasitaire.
II - Traitements
Dans ce chapitre, j'aborderai quelques maladies parasitaires ou transmises par les insectes.
a) Les Gales
Les acariens vivant dans le derme, il est toujours utile de répéter 2 ou 3 fois le traitement.
Les médicaments doivent être prescrits par le vétérinaire : VETICIDE - DIAZADIP - DYMPIGAL.
L'Ivermectine par voie orale est très peu efficace. Malgré la non-autorisation chez les équins, je sais
que l'IVOMEC a été utilisé... je ne peux pas en écrire davantage.
b) Les Poux
Pas de problèmes pour le traitement. Le TIGAL poudre ou le CEPOU doivent vous donner satisfaction
c) Habronemoses ou plaies d'été
A partir de plaies banales, les mouches lécheuses ou suceuses sont venues apporter des bactéries et provoquer ainsi ces vilaines
plaies d'été.
Il existait un remarquable produit : la pommade TIFÉNE, hélas abandonnée par le laboratoire.