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Vous trouverez sur cette page des conseils pour vous occuper de votre âne.
De l'alimentation aux soins en passant par l'attelage et le bât, chaque article est écrit par des spécialistes et vous aide à mieux vivre avec votre compagnon favori !

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions concernant un sujet particulier, nous tenterons de répondre aux interrogations les plus fréquentes.

Jacques ROSET nous explique les bénéfices des traitements à base de plantes pour prévenir et soigner les fourbures puis répond aux questions des adhérents (article paru dans le numéro 59 de L'Âne Bleu)

REPONSE AUX ADHERENTS

Le Séneçon de Jacob (question d'Etienne Panabière)

Pour les nouveaux adhérents, je rappelle le N° 40 de décembre 2000 de l'âne bleu dans lequel j'avais écrit un article sur les plantes toxiques, mais je n'avais pas cité le Séneçon de Jacob. En relisant mon article de l'époque, j'ai été rassuré car j'avais pris la précaution de mentionner que la liste des plantes toxiques était non exhaustive... alors, merci Etienne de m'avoir posé la question, cela m'a permis de me renseigner.

Je me permets de rappeler que j'ai été avant tout un "véto" généraliste qui s'intéresse depuis la retraite plus particulièrement aux ânes et donc se renseigne, se documente et vous transmet le fruit de ses recherches.

Le sénéçon de Jacob est originaire d'Afrique du Sud. Introduite en France en 1947, c'est une espèce très commune dans les terrains agues, les prairies, en lisière des champs ou des bois, sur les talus et le bord des routes.

C'est une plante bisannuelle ou vivace assez haute (50-120 cm) avec des tiges érigées et ramifiés vers le haut. La tige est forte et de couleur rougeâtre très visible en période de sécheresse car elle domine dans certains prés ou ressort nettement dans le fourrage.

En période d'inflorescence, le capitule est jaune doré de 1,5 cm à 2,5 cm à 12 à 15 ligules groupées en corymbe aplati et ramifié (voir photo).

Le Séneçon de Jacob est toxique chez les équidés et les bovins et à un degré moindre chez les ovins. En principe, nos ânes ne le consomment pas (J'en ai trouvé dans le foin de mes ânes, ils le délaissent) mais en période de disette, il faut être prudent.

C'est un hépatotoxique, toute la plante est toxique surtout lors des premiers stades de végétation et lors de sécheresse. Plusieurs alcoloïdes constituent les principes actifs et sont toxiques pour le foie.

La dose létarale pour un cheval est de 3 à 5 % de poids vif (300 g pendant 50 jours tue un cheval).

Une intoxication chronique 50 à 100 g pendant 8 semaines se déclenche.

L'intoxication est le plus souvent chronique avec accumulation pendant 1 à 2 mois puis amaigrissement, perte d'appétit, sub-ictère, fatigue et mort.

Lors d'ingestion importante avec intoxication aiguë, la mort avec apparition d'un ictère franc, tachycardie, excitation alternant avec prostration et mort rapide.

Aucun traitement est efficace car la cellule hépatique est détruite.

Nos ânes, sauf disette, n'en consomment pas, mais le principe de précaution doit s'appliquer: élimination systématique dans les fourrages, surveillance dans les prairies pour savoir si les animaux en consomment.

Sur une durée courte, la consommation pour une intoxication aiguë est peu vraisemblable car en période des premiers stades de végétation, l'herbe est abondante et l'âne sait faire le tri. En ce qui concerne la plante séchée sur tige, attention à offrir à votre âne la nourriture en foin suffisante si la sécheresse est là.

Donc, Etienne, pour nos ânes qui passent quelques jours en quarantaine avant la mise en troupeau au refuge, je ne vois pas d'inquiétude à avoir si l'herbe est présente ou si le foin est à disposition.

Merci à Melle RECH de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse pour ses renseignements et merci de m'avoir signalé que dans le cadre de sa thèse, un étudiant vétérinaire avait élaboré un site internet. Donc pour les internautes : www.vegetox.envt.fr ; ensuite, cliquez sur végétox'root.

La queue, véritable chasse mouche ? (question d'un adhérent du 06)

Cet ami des ânes a eu la surprise de découvrir un ânon femelle, après sa naissance, porteur d'un moignon d'environ 3 cm sanguinolent en guise de queue. N'ayant pas assisté à la mise bas (ce qui est le cas le plus fréquent), il se pose des questions sur les causes de ce phénomène. Je pencherais pour deux hypothèses : anomalie de naissance ou intervention d'un prédateur.

Le moignon cicatrisé et bien sec peut-il supporter une prothèse ? Sur 3 cm restant, cela me paraît difficile d'adjoindre et fixer un chasse mouche et ne connaît pas d'exemple décrit.

Par contre à la troisième question sur l'utilisation d'insecticides pour écarter les mouches, je peux rappeler qu'il existe des produits relativement efficaces comme la Versatrine ou le Butox qui malgré l'absence d'autorisation de mise sur le marché pour les équidés, sont régulièrement utilisés chez ces derniers. Dans ce cas, privé de son chasse mouche, l'âne doit être traité plus souvent. Consultez votre vétérinaire. En ce qui me concerne, je conseille de toujours effectuer un test, pour le premier traitement, qui consiste à déposer sur 10 cm seulement le produit entre les épaules et vérifier s'il n'y a pas de réaction particulière (que je n'ai jamais rencontrée) dans les 2 à 3 jours qui suivent.

Amis de l'ADADA, n'hésitez pas à me poser des questions. Dans le prochain numéro de l'âne bleu, je répondrai par écrit à quelques autres questions déjà arrivées (pour certaines, j'ai déjà répondu par téléphone).

Asinement vôtre
Jacques ROSET

La DDA du Puy-de-Dôme, contactée, conseille en cas d'invasion de Séneçon de Jacob de traiter complètement le pré avec un désherbant de type 2,4-D, pour dicotylédone sur prairie permanente, attendre 2 ou 3 semaines, et ressemer de suite, à la volée, si la saison le permet.

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