Au début de la croissance, la plante est très feuillue. Ces feuilles sont constituées essentiellement de tissus vivants aux parois très minces : elles sont riches en matières azotées (jusqu'à 30 p. 100 de la matière sèche)
et pauvres en cellulose. Les tiges, qui se développent aucours de la croissance de la plante, contiennent une proportion importante et croissante de tissus dits lignifiés, qui sont en quelque sorte le squelette
et l'appareil de conduction de la tige. Il en résulte que la teneur en cellulose brute de la plante augmente, au cours du premier cycle plus particulièrement, alors que celle d'azote diminue, comme le montre la figure 1.
Avec une telle variation, l'animal s'adapte grâce aux réserves corporelles. C'est normal qu'il fasse "l'accordéon". Dans la nature, la faune sauvage fait des provisions pendant la belle saison et maigrit l'hiver.
Il n'est pas bon que notre âne domestique soit dans un état d'embonpoint maximum permanent et qu'il ne puisse plus s'adapter au cycle naturel de la nature, car le déséquilibre en excès provoque des problèmes pour sa santé.
Vous remarquerez que quand la prairie est au stade épiaison, ils prennent plaisir à concentrer leurs prélèvements sur les épis. Les épis sont les organes reproducteurs de la plante et à ce titre sont très riches en phosphore et amidon.
Comme par coïncidence, c'est la période naturelle de reproduction des animaux.
DIGESTIBILITÉ
L'instinct donne toujours la préférence à l'herbe sur le foin. La digestibilité d'un aliment ou d'un de ses constituants est la proportion de cet aliment ou du constituant qui disparaît dans le tube digestif de l'animal.
C'est la digestibilité de la matière organique qui détermine en premier lieu la valeur énergétique nette de l'aliment.
Celle des fourrages est très élevée lorsqu'ils sont feuillus et contiennent peu de tissus lignifiés; elle est ainsi de l'ordre de 0,80 (80p.100) pour la jeune herbe de pâturage. Elle diminue au cours de la croissance de
la plante parce que les proportions de tiges et tissus lignifiés augmentent. Elle n'est plus que de 0.45 (45p.100) en moyenne pour les pailles. On connaît bien la digestibilité des principales espèces fourragères
aux différents stades du premier cycle de croissance et selon l'âge des repousses (nombre de jours depuis la fauche précédente).
La teneur en cellulose brute dosée dans les laboratoires, permet de prévoir de façon plus ou moins approchée la digestibilité des principales catégories d'aliments. En moyenne, la digestibilité est plus élevée
quand la teneur en cellulose brute est plus faible.
- CUD : coefficient d'utilisation digestive
- CB : cellulose brute pour 100 grammes de matières sèches. figure 2.