«Il est essentiel que l'ânesse soit jeune, saine, bien en chair, bien nourrie et privée de son ânon depuis peu.
On ne doit pas non plus laisser refroidir ce lait et ne pas l'exposer trop longtemps à l'air qui l'altère aussitôt.
On sait par les vers de Juvénal et par la prose de Suétone que Poppée, femme de Néron, menait à sa suite cinq cents ânesses, et se baignait dans leur lait.»
Alexandre DUMAS
(extrait de son dictionnaire culinaire)

Le lait d'ânesse, une énigme agricole, par son abandon au début du siècle dernier. Une ânesse, comme tout mammifère, donne son lait. Alors pourquoi est-il à notre époque
impossible d'en trouver dans le commerce, les hôpitaux, comme autrefois ?
Plusieurs raisons semblent faire que le lait d'ânesse ait été mis sur la touche, au début du siècle dernier.
Tout d'abord la mécanisation, tracteurs et véhicules en tout genre ont simplement anéanti le besoin de faire reproduire ce mammifère.
Ensuite, les industries chimiques et pharmaceutiques ont su mettre en place, en France et dans le monde, un mode d'éducation des êtres humains, où seule la molécule de synthèse est reine,
et où les recettes de grand-mères ne sont que foutaises et sorcelleries.
«Il fallait brider l'âne par la queue», c'est-à-dire empêcher des productions contraignantes, et peu productives au profil d'une agriculture dite intensive et permettant
de nourrir le plus grand nombre d'individus.
Heureusement qu'aujourd'hui, des mouvements de consommateurs, de médecins pensent autrement et pensent que les deux peuvent très bien se compléter.
C'est aussi, ce que je pense, dans le cadre de la production de lait d'ânesse.
«Bien faire et laisser braire» disaient nos grand-mères, et c'est aussi dans cette démarche que je m'inscris, c'est-à-dire avancer dans une production de façon raisonnable
(pas d'agriculture raisonnée, cela va devenir le contre poids de l'agriculture BIO pour les partisans de la FNSEA, donc pas d'agriculture BIO non plus j'aime trop ma liberté et celle de mes animaux).
Je dirais que le lait d'ânesse doit s'inscrire dans le cadre d'une production naturelle, c'est-à-dire sachant allier les phénomènes et les évolutions de notre environnement, mais aussi utiliser à des
fins de bien-être des ânes, des techniques thérapeutiques et alimentaires actuelles et anciennes (j'entends par là une alimentation de type céréales cuites aplaties par exemple, vaccin contre le tétanos, etc ... ).
«Il cherche son âne et il est monté dessus»., c'est en vivant avec les ânes et surtout en les observant que la création de notre entreprise agricole s'est faite. En effet, en France en tout cas,
pas de production de lait d'ânesse, quand en 1997 je décidais de me lancer dans cette aventure après 10 années passées au service de l'informatique industrielle.
Et c'est là où les problèmes commencent, car si les races d'ânes sont, elles, reconnues par nos administrations, le lait d'ânesse lui en est encore bien loin. Seule une formation autodidacte se présentait à nous,
avec tous les inconvénients que cela comporte, isolement face aux administrations, face aux problèmes vétérinaires, face à ses ânes etc...
Les ânes sont des animaux nobles. Ils ont la volonté de bien faire. Mais aussi parfois à mal faire !!! Je m'arrête là pour cette fois, mais dans un prochain article,
j'essaierai de vous parler de mes techniques d'élevage, ma façon d'aborder les ânesses pour la traite etc...
Jean-François WAMBEKE
Asinerie d'EMBAZAC (32)
Site Web : www.embazac.com